La Confession (ou Repentance) est un Sacrement par lequel un chrétien orthodoxe reconnaît sa responsabilité devant Dieu pour les péchés qu'il a commis et cherche à se réconcilier avec Lui et Sa sainte Église.
POURQUOI LA CONFESSION EST-ELLE NÉCESSAIRE ?
La confession n'est ni une formalité ni un rituel. C'est de véritablement comprendre que le péché commis nous désunit du Créateur et de la vraie vie centrée sur l'Amour. Le dessein de Dieu pour l'homme est qu’il vive dans la pureté et la paix avec Lui-même et avec les autres hommes, qu’il accomplisse de bonnes œuvres, qu’il respecte Ses commandements et cherche ainsi à être parfait, de façon qu’à la fin de sa vie sur terre, il soit réuni au Seigneur pour la vie éternelle.
Mais chacune de nos fautes – une pensée mauvaise, la condamnation de notre prochain (même sans le dire à voix haute), ou – pire encore – la fornication, l’ivrognerie, l’orgueil, le dédain envers nos proches – nous sépare du Créateur auprès duquel il ne peut y avoir de péché. En nous repentant et en luttant contre nos passions, nous pouvons, grâce au Sacrement de la Repentance, remédier à cette séparation contre nature entre Dieu et l'homme.
Dieu nous enseigne que, lors du jugement de Dieu, nous devrons répondre de chaque péché dont nous ne nous repentons pas (dont nous ne reconnaissons pas être coupable, et que nous ne nous efforçons pas de corriger). Mais le Seigneur nous a donné la possibilité d'échapper au juste châtiment de nos mauvaises actions – en nous repentant sincèrement dans le Sacrement de la Confession. Jésus-Christ a volontairement pris sur Lui notre châtiment en souffrant sur la Croix. C'est pour cela que le Christ est appelé Sauveur, car par Son sacrifice, Il nous a sauvés de l'esclavage du péché et de la mort dans le péché. Ainsi, Dieu pardonne les péchés à ceux qui suivent le Christ et son Église, c'est-à-dire ceux qui confessent l'orthodoxie. Ce n'est que dans le christianisme que le prêtre reçoit de Dieu le pouvoir de pardonner ou de ne pas pardonner les péchés, conformément à la parole du Seigneur Jésus-Christ : « Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel ». (Matthieu 18,18)
COMMENT SE PRÉPARER AU SACREMENT DE LA CONFESSION ?
1) Il faut essayer de changer de vie avant même de se confesser. En grec, le mot repentance se dit « metanoia », ce qui signifie littéralement "changement de regard". Il ne suffit donc pas d'admettre que l'on a commis telle ou telle faute dans sa vie. La personne doit ressentir en elle-même que l'état de péché est contre nature, et à tout le moins vouloir en sortir, même si pour l’instant elle n'en a pas la force.
2) Prenez un peu de temps et rappelez-vous, ou, mieux encore, notez tout ce dont vous avez eu honte devant Dieu et les hommes, en pensées, en paroles et en actes. Si vous ne vous êtes jamais confessé, rappelez-vous toute votre vie depuis l'enfance. Si vous avez oublié quelque chose, ouvrez les « antisèches » : le livre « Aide aux pénitents » ou « Expérience de la confession » de l'archimandrite Jean (Krestiankine). L'essentiel est de comprendre ce que nous avons fait de mal dans notre relation personnelle avec Dieu, notre prochain et nous-mêmes. Il s'agit de prendre conscience que par notre repentir, nous nous engageons dans une lutte personnelle et constante contre nos passions.
3) En parlant de ses péchés, il ne faut pas s’inquiéter de les nommer « correctement », « comme à l’Église ». Il faut employer des mots ordinaires. Il faut simplement se souvenir qu’en se confessant, on ne doit pas se justifier, ni minimiser ses péchés, ni en rejeter la faute sur d’autres personnes. Nous sommes personnellement coupables de toutes nos transgressions devant Dieu, qui pardonnera à tous ceux qui Lui demandent pardon.
4) Pour beaucoup de personnes, un des principaux obstacles à la confession est la fausse honte qu’elles ressentent devant le prêtre qui reçoit leur confession. Mais il faut toujours avoir à l’esprit que dans le sacrement, nous nous tenons devant le Seigneur Lui-même et que c’est à Lui que nous confions nos péchés ; le prêtre n'est que le témoin de notre repentir. Ne craignez pas non plus que le prêtre soit choqué par votre confession. Au cours de son ministère, un pasteur entend citer presque tous les péchés possibles et imaginables. Mais c’est avec joie qu’il accueillera votre sincère repentir.
5) En demandant pardon à Dieu, nous devons d'abord pardonner nous-mêmes à ceux qui nous ont offensés. Le Christ dit : « Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande. » (Matthieu 5,23-24). Si notre péché a causé du tort à notre prochain, avant même de nous confesser, il nous faut tout faire pour réparer ce tort (rendre ce qui a été volé, faire la paix avec la personne offensée).
6) Le sacrement doit être pratiqué régulièrement. Ne remettez pas la prochaine confession aux calendes grecques. De participer au Sacrement au moins une fois par mois nous aide à garder notre énergie, à être attentifs et responsables dans notre vie quotidienne, au cours de laquelle notre foi chrétienne doit véritablement s'exprimer. On se dit souvent que l’on n'a pas la force de se racheter, et donc on ne se confesse pas, craignant par la suite de retomber dans le même péché. C’est une erreur, qui peut se comparer au refus de prendre un médicament. C’est justement par la grâce de Dieu, donnée par les sacrements de l’Église, que nous recevons la force de réformer notre vie.
À noter que pour participer au Sacrement de la Confession, il faut être un chrétien orthodoxe ayant reçu le Sacrement du Baptême d'un prêtre légitime (les personnes "baptisées" dans d'autres religions, par des "grands-mères" ou par toute autre personne, doivent s’adresser à un prêtre pour vérifier la validité de leur baptême).
Il n'est pas nécessaire de jeûner ni de lire des prières particulières avant la Confession, mais il faut s’y préparer et se réconcilier avec tout le monde.
LES DIX COMMANDEMENTS DE DIEU ET LES PÉCHÉS COMMIS CONTRE EUX
1. Je suis le Seigneur, ton Dieu, …Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi. Péchés : l’impiété, l’orgueil et son corollaire l’arrogance, négliger de lire quotidiennement la Bible.
2. Tu ne te feras pas d’idole … Tu ne te prosterneras pas devant de telles idoles et tu ne leur rendras pas de culte. Péchés : l’idolâtrie, la magie, la voyance, le recours aux diseuses de bonne aventure et aux guérisseurs, l'astrologie (construire sa vie en fonction de l'horoscope), la participation à des sectes, l'invocation des esprits, la cupidité, l'avarice.
3. Tu ne prendras point le nom du Seigneur ton Dieu en vain. Péchés : le blasphème, la dérision devant les choses sacrées, l’utilisation d’un langage obscène, faire serment sur le nom de Dieu, manquer à une promesse faite à Dieu.
4. Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier ; tu travailleras six jours, mais le septième jour est le sabbat pour le Seigneur ton Dieu. Péchés : manquer les offices du dimanche et des fêtes, l’oisiveté.
5. Honore ton père et ta mère. Péchés : insulter ses parents, ne pas les honorer et ne pas se souvenir d'eux dans ses prières, injurier les prêtres et les autorités, manquer de respect aux anciens et aux enseignants.
6. Tu ne tueras pas. Péchés : le meurtre, l’avortement, l’utilisation de contraceptifs abortifs, la colère, les jurons, les bagarres, la haine, le ressentiment, la rancune, l’irascibilité.
7. Tu ne commettras pas l’adultère. Péchés : l’adultère, les relations sexuelles en dehors du mariage, l’homosexualité, l’onanisme, regarder de la pornographie.
8. Tu ne voleras pas. Péchés : le vol, la fraude, la pratique de l'usure, l'avarice.
9. Tu ne porteras pas de faux témoignage. Péchés : le parjure, le mensonge, la calomnie, les commérages, la trahison, la tromperie.
10. Tu ne convoiteras pas les biens d'autrui. Péchés : l'envie, se plaindre de ce que l’on a.